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29.10.2021 - Un homme – un plan – un mot


Eric Meili, 67, Bubikon


Il est là, debout dans un grand et luxuriant pâturage près de Bubikon dans l'Oberland zurichois – un homme de terrain, doté d'une grande expérience et avec les pieds sur terre. Eric Meili, âgé de 67 ans, a développé et perfectionné avec persévérance un concept qui repose sur quelques simples convictions de base :

- les bovins sont des herbivores et ils ne doivent pas entrer en concurrence avec l’être humain pour la nourriture. Par conséquent, les aliments concentrés et le maïs n'ont pas de place dans leur ration;

- il faut produire le plus de viande possible par hectare de prairie, même dans les régions de montagne ;

- une qualité de viande exceptionnelle ne peut être obtenue qu'avec des bovins femelles et des bœufs qui n’ont dû subir qu’un court transport jusqu’à l’abattoir et dont les carcasses bien couvertes (classe de tissus gras 4 ) peuvent rassir longtemps.

Sur la base de ces principes, Eric Meili a fait le tour du monde : il a visité des exploitations aux États-Unis, en Irlande, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Ensuite, à partir des nombreuses approches différentes qu’il a observées, il a établi un modèle adapté à la Suisse:
 

  • Des remontes d’engraissement sevrées (6 mois env., 200 kg) sont achetées à l’exploitation de naissance voisine;
  • Au début, de nombreuses femelles issues de croisements HF/BS x Li/An ont été utilisées - aujourd'hui, ce sont de plus en plus des boeufs de type laitier pur avec de très bonnes performances de croissance (moyenne de 1000 g/jour, taxation T et T-, poids moyen à l'abattage de 400 kg en 24 mois environ) ; ils sont nourris uniquement avec de l'herbe et ses conserves, sans maïs ni aliments concentrés.
  • En été, l'alimentation est basée sur de l'herbe pâturée (pâturage sur gazon court ou pâturage intensif). En hiver, les animaux ne reçoivent que du foin (10 %) et de l'ensilage d'herbe (45 % de matière sèche) à volonté, ainsi que des minéraux et du sel pour bétail. Le concept se passe complètement de maïs et d'aliments concentrés ("feed no food !") ;
  • Les antibiotiques ne sont plus utilisés depuis 10 ans, mais des contrôles parasitaires sont effectués et des vermifuges administrés régulièrement ;
  • lorsque la classe 4 de tissus gras est atteinte, les animaux sont abattus après un temps de transport très court (15 min). La carcasse est refroidie lentement et la maturation de la viande se fait sur l'os (carcasse entière) pendant 28 jours. L'objectif à atteindre dans le futur est d'abattre les animaux à la ferme pour éviter leur transport.

Avec ce système ‚low-input’, l'exploitation a obtenu des accroissements de 882 g/jour en moyenne pendant toute la durée de la période d'engraissement de deux ans (2020/21, 16 animaux). Les animaux ont atteint un poids d'abattage de 366 kg en moyenne (rendement à l'abattage de 54,6 %). Taxation : 13 % C, 47 % H, 40 % T ; classe de tissus gras: 87 % classe 4 et 13 % classe 3). L'objectif est la classe 4 pour un goût optimal et une graisse intramusculaire de 3,6 %.

Nous savons néanmoins tous que des carcasses aussi lourdes ne peuvent être commercialisées par le circuit normal. C'est pourquoi, Eric Meili mise exclusivement sur la commercialisation directe et veille à la qualité exceptionnelle de la viande, confirmée par le laboratoire des viandes Agroscope/Suisseporcs. La viande particulièrement tendre (25-30 N) peut être commercialisée au niveau régional à un prix de CHF 36.-/kg, et la demande des clients réguliers est énorme. Enfin, la traçabilité grâce au contrôle de l'origine par l'ADN de Proviande est la cerise sur le gâteau du concept.

Une comptabilité méticuleuse (comptabilité analytique), des analyses d'aliments, des pesées régulières des animaux, des analyses de leurs excréments, ainsi que des analyses de leur viande permettent une évaluation complète du concept et prouvent qu'il est possible d'obtenir des revenus nets plus élevés qu'avec l'engraissement bovin conventionnel.

Oui, à certains égards, Eric semble être une figure exotique parmi les engraisseurs de gros bétail - mais loin de là : son concept a déjà inspiré de nombreux collègues ces dernières années. En collaboration avec Migros et Silvestri Viehhandel, une communauté d'intérêts a été créée avec 600 producteurs qui mettent en œuvre le concept d'engraissement au pâturage sous le label "Bio Weide-Beef". Actuellement, une commercialisation conjointe avec Aldi est également mise en place. Un autre projet est en préparation, à savoir la mise en place d'un abattage à la ferme, afin d'éliminer tout stress pour les animaux, notamment le stress dû au transport.


                   

Quelques remontes d’engraissement d’Eric                           Un bon marketing est indispensable …

                                                                                                                                                                                   


La visite de l'exploitation d'Eric Meili montre qu'il existe effectivement des alternatives durables à l'engraissement conventionnel, qui sont tout à fait viables économiquement. Ces alternatives sont viables également avec des races laitières, également (ou surtout ...) dans les régions de montagne, et également avec une exploitation extensive. La condition préalable est toutefois d'avoir la persévérance, l'expertise et l'enthousiasme qui caractérisent Eric !

 

En hiver et lorsqu'il fait chaud en été, les animaux se tiennent dans la stabulation libre SST avec litière profonde et ont libre accès à l'ensilage et au foin. Un grand parcours équipé d’un râtelier et d’une brosse pour bétail sont à disposition. En été, les animaux sont généralement au pâturage toute la journée.

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