Reportage en exploitation

Entretien avec Marcel Steinmann


Marcel Steinmann, engraisseur de gros bétail

Interview

Quel est ton objectif principal sur ton exploitation ? Où aimerais-tu être dans dix ans ?
Pour nous, le plus important est que tout le monde soit en bonne santé sur l'exploitation. Notre exploitation doit rester une exploitation à plein temps, même en cas de transmission.

Quelles sont tes principales convictions en matière de détention et d’utilisation d’animaux?
Ma conviction la plus importante est le respect dans la manière dont on traite les animaux. Ils doivent se sentir bien, et on doit donc bien prendre soin d'eux. L'utilisation d'antibiotiques doit être réduite au minimum, lorsque cela s'avère judicieux. Il faut en outre veiller à ce qu'aucun animal ne souffre.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ton travail? Qu’est-ce qui te fait te lever le matin?
Ma profession est la plus belle qui soit! Elle est très variée avec différents travaux à l'étable et dans les champs. Cela laisse suffisamment de temps pour la famille, ce qui est très agréable.

Avec qui peux-tu échanger au sujet de ton travail? Où vas-tu chercher les informations dont tu as besoin?
J'échange souvent avec mon partenaire d'exploitation sur des sujets tels que l'engraissement des taureaux. Lorsqu'il s'agit de questions médicales et de la santé des animaux, je contacte Martin Kaske ou la vétérinaire de troupeau. Bien sûr, je vais aussi souvent voir sur Internet. Comme j'ai été membre du comité directeur de SwissBeef, j'ai également accès à ce que l'on appelle les Beef-Hök's, où l'on peut échanger des informations sur différents sujets avec des collègues.

Basé sur tes expériences, y a-t-il des astuces particulières concernant la santé des veaux que tu souhaiterais transmettre à tes collègues?

Astuce 1: Une buvée par jour
Ce système est souvent utilisé en France et en Irlande. Dans ces pays, des essais ont été réalisés dans ce domaine et ils se sont révélés très prometteurs. C'est pourquoi, j'ai introduit une buvée par jour sur notre exploitation. Personnellement, je trouve que ce système est une super chose. Nos jeunes animaux sont abreuvés deux fois par jour pendant la première semaine après leur arrivée chez nous. Ensuite, ils reçoivent la quantité totale une fois par jour. Toujours le soir. Nous constatons que les animaux commencent à manger beaucoup plus tôt grâce à cette méthode. Mais ici, on fait généralement la sourde oreille à ce principe.

Astuce 2: Des petits groupes
Nous avons fait de bonnes expériences en répartissant les animaux en petits groupes. Une bonne taille est un groupe composé de 5 à 6 animaux. Ainsi, les animaux malades se remarquent plus tôt et il est plus facile de les identifier.

Astuce 3: Un contrôle vétérinaire à l’arrivée
Lorsque les veaux arrivent, ils sont contrôlés directement par le vétérinaire. Il ausculte les poumons, contrôle le nombril, prend la température et vérifie l'état général de l'animal. Les problèmes sont ainsi détectés à temps et peuvent être traités immédiatement.


L'exploitation Simon et Marcel Steinmann, Seuzach 

La pression exercée par la politique, les médias et les consommateurs sur les agriculteurs en général et les éleveurs d'animaux de rente en particulier ne cesse de croître. Comment te positionnes-tu face à de tels scénarios ? C’est très peu probable, mais que ferais-tu si l'engraissement du gros bétail était interdit sur tes terres ?
Si une interdiction de l'engraissement du gros bétail se profilait, je m'engagerais certainement en amont en faveur de l’engraissement et je me battrais pour que l'engraissement du gros bétail soit maintenu. Le travail de relations publiques joue un rôle important pour nous à cet égard.

La non connaissance constitue en outre un problème général. L'initiative sur l'eau potable en était un bon exemple. Il faudrait aussi informer les gens de manière plus transparente sur les sujets agricoles, et bien sûr aussi sur l'initiative à venir sur l'élevage intensif.

Tu as déjà pu profiter des conseils du SSV. Comment as-tu entendu parler du SSV?
Lorsque j'ai découvert le SSV, j'étais membre du comité directeur de SwissBeef Ost. C'est notamment la présence en ligne du SSV qui a attiré notre attention sur vous.

Qu'attendais-tu de cette consultation? Quelle était la priorité?
J'espérais recueillir les connaissances les plus récentes et les plus importantes en matière de santé des veaux, afin que les animaux passent le mieux possible le cap des deux ou trois premiers mois. Un sujet passionnant était l'étude du mouvement et de la répartition de l'air dans le bâtiment d'élevage et les possibilités d'optimisation qui en découlaient. Sur ce sujet, j'ai appris beaucoup de choses utiles de la part du SSV.


L'exploitation Simon et Marcel Steinmann, Seuzach 

Cette consultation a-t-elle changé ta vision d'une manière ou d'une autre, ou t'a-t-elle montré une approche dont tu n'avais pas encore entendu parler? Si oui, laquelle?
Martin Kaske m'a expliqué le principe de la répartition des animaux en petits groupes (5 à 6 animaux) et les avantages qui en découlent en termes de santé animale. J'ai pris conscience de l'importance d'éviter les courants d'air dans l'étable. La circulation de l'air par rapport aux courants d'air est ici l'un des plus grands défis.

Une manière utile et pragmatique de mesurer les courants d'air est de s'asseoir dans l'étable en T-shirt en hiver et d'identifier ainsi les endroits désagréables dans l'étable. Il est important que les veaux aient toujours la possibilité de se placer dans des endroits agréables sans courant d'air.

Es-tu actuellement satisfait de la santé de tes animaux sur ton exploitation ?
Actuellement, je suis satisfait de la santé des animaux sur notre exploitation de Adlikon. Je touche du bois ! Sur l’exploitation de Ohringen, par contre, nous rencontrons quelques problèmes. Mais ils ont trait au site en lui-même. Bien sûr, les conseils et les astuces du SSV sont toujours les bienvenus ! Selon toi, dans quel domaine le SSV devrait-il être plus actif ? particulièrement en lien avec les prestations pour les engraisseurs de gros bétail.

Je trouve que le SSV fait généralement du bon travail. Selon moi, il y a un grand potentiel encore dans le transport des veaux et le raccourcissement des trajets. En théorie, à l'ère des smartphones et des applications web, il devrait être possible de raccourcir les trajets de transport des veaux à l'avenir. Je vois ici un potentiel dans une collaboration améliorée et plus efficace entre les différents acteurs tels que les transporteurs, les marchands d'animaux, les marchés aux veaux, les exploitations laitières, les exploitations d'engraissement. Une belle solution serait entre autres d'engager son propre transporteur qui s'occuperait du transport des animaux.

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Description de l’exploitation de Simon et Marcel Steinmann


L'exploitation Simon et Marcel Steinmann, Seuzach 

Zone
  • zone de plaine/de collines

Taille de l‘exploitation
(surfaces et secteurs d’activité)

  • 80 ha SAU
  • 12 ha prairies
  • 7  ha prairies naturelles
  • 5  ha prairies artificielles
  • 68 ha ha de grandes cultures (maïs, céréales)
Animaux
  • 100 - 300 animaux commercialisés
Main d‘oeuvre
  • 4 UMO
  • dont 1 UMO extérieure
  • dont 1 apprenti

Données de production

  • 536 kg PV à la vente
  • 333 Ø j d‘engraissement
  • 3% pertes
  • 1% abattage précoce
  • Taxation CHT+:  97%
  • Tissu gras 3: 73%
  • Tissu gras 2: 23%
  • 11'500.-CHF coûts vétérinaires/an
  • 43.- CHF coûts vétérinaires/veau

Médicalisation

  • 1 kg antibiotiques/an
  • Traitement médicamenteux à l‘arrivée: selon discussion avec le vétérinaire

Achat de veaux

  • Toutes les 4 semaines
  • Groupes de 22 animaux
  • 100% races à viande
  • 100% mâles
  • Déroulement de la production: tout dedans-tout dehors strict
Commercialisation
  • IPS

 

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