Journées nationales des groupements techniques vétérinaires

Cette année, le thème du congrès des GTV à Nantes était : « les pieds dans les bottes et les yeux tournés vers l’avenir ». L’occasion de parler des nouvelles technologies et de leur application dans nos pratiques quotidiennes de vétérinaire rural. Voici un très court résumé de ces passionnantes journées :

Philippe Arzul a présenté un concept venu du Québec qui chiffre en kilogramme de lait perdu ou gagné l’influence de la santé du troupeau ou des mesures de management tels que la génétique, l’élevage des génisses, la fertilité, le nombre de boiterie mais aussi les facteurs environnementaux (qualité de l’air, éclairage, litière, surpopulation, etc.). Ces derniers représentent un potentiel de 3.2kg de lait par vache par jour pour un troupeau Holstein ! Il vaut donc la peine d’y prendre garde.

J’ai pu participer à une session sur les robots de traite où les intervenants nous ont fortement encouragés à aller dans les logiciels chercher les informations relatives aux vaches afin d’affiner notre anamnèse et notre diagnostic. Cela peut également être utile pour suivre un cas, même à distance. Par exemple, est-ce que la vache que j’ai opéré de la caillette il y a 2 jours mange correctement ? Grâce aux courbes de mouvements généré par le robot, la réponse est facile à obtenir. La courbe de la production laitière journalière va également être très utile dans ce cas. Ces graphiques nous permettent de savoir depuis combien de jours, voire d’heures, une vache est malade. Les données du robot sont bien plus fiables et précises que l’œil et la mémoire de l’éleveur.

En cas de mammite, les courbes des cellules somatiques par quartier vont nous renseigner, non seulement sur le quartier infecté, mais aussi sur la chronologie de l’infection et sur la réussite du traitement mis en place.

Olivier Crenn et Maxime Menard nous ont expliqué les défis et les prérequis pour la mise en place d’une installation de traite robotisée et comment accompagner nos éleveurs dans cette petite révolution. Selon eux, la réalisation du projet prend de 15 à 18 mois et se réparti en 3 phases :

  1. La phase d’élaboration du projet (18 à 12 mois avant) : élaboration du plan final du bâtiment avec l’implantation du ou des robots, les points d’eau, la circulation, les boxes de tri, …
  2. La phase de transition (6 mois à 15 jours avant la mise en route) : phase de construction, respectivement transformation du bâtiment. La traite non robotisée doit pouvoir être assurée. Permettre aux vaches de s’habituer aux nouveaux dispositifs (barrières, etc.) et aux humains de se former aux logiciels. S’occuper de la santé mammaire et de la santé des onglons (but : 0% de boiteuses lors de la mise en route du robot).
  3. La phase de mise en route (15 jours avant la mise en route proprement dite). Pose de colliers ou boucles d’identification. Jour J : ne se consacrer qu’à ça !

Le bien-être animal a été abordée dans une présentation d’Alexandre Dupont. C’est un sujet d’actualité, mais il a été relevé que le consommateur souffre de « dissonance cognitive » lorsqu’il exige des éleveurs une meilleure qualité des produits et des soins apportés aux animaux mais refuse de payer pour cette plus-value alors qu’il le fait sans problème dans d’autres domaines, comme la téléphonie ou l’hôtellerie.

Un grand merci à la firme Graeub pour leur participation financière aux frais du congrès.

Christine Steiner

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