18.02.2020 - Vet’s Corner 01/2020

De combien de producteurs, en moyenne, proviennent les veaux nouvellement mis en étable dans une entreprise d’engraissement? Combien d’entreprises de naissance vaccinent leurs veaux avant la vente? Quels sont les facteurs aptes à influencer l’utilisation d’antibiotiques? Et en fait, quels sont les facteurs de risque d’une épidémie de grippe dans l’étable?

Transports de veaux d’engrais de l’entreprise de naissance à l’entreprise d’engraissement et gestion des veaux dans les entreprises de naissance suisses

Schnyder P, L Schönecker, G Schüpbach-Regula, M Meylan
SAT. 2019; 161: 453-462.

721 Cette étude documente les transports de l’entreprise de naissance à l’entreprise d’engraissement. Des 34 chefs d’entreprise, 6 ont acheminé les veaux eux-mêmes. Les engraisseurs chargent 2.0 veaux (médiane ; 1-21 veaux) par transport, alors que pour les fournisseurs ce chiffre est de 3.0 veaux (1-74 veaux). Le nombre d’entreprises de naissance dont provenaient 10 veaux transportés s’élève, en ce qui concerne les transports effectués par les engraisseurs eux-mêmes, en moyenne à 7.7 ± 2.6 entreprises (1.2-10 entreprise de naissance par 10 veaux transportés) et pour les transports effectués par les fournisseurs à 8.4 ± 2.0 entreprises (2.5-10 entreprises de naissance par 10 veaux transportés). En moyenne, les engraisseurs se procurent les veaux auprès de 2.1 ± 1.9 entreprises, tandis que les fournisseurs acheminent des animaux de 6.8 ± 8.5 entreprises en moyenne. La durée des transports effectués par les engraisseurs est de 20.0 minutes (médiane ; 1-330 minutes), alors que ce sont 45.0 minutes (2-414 minutes) pour les transports par les fournisseurs. Au cours de l’étude, 88 entreprises de naissance suisses ont été interrogées sur la gestion. 61% des entreprises disposent d’un box de mise bas, 65% l’utilisent. 88% des entreprises ont administré le colostrum moyennant bouteille ou tétine. Seulement 9 % laissent les veaux téter auprès de leur mère. Pour 73% des entreprises, le colostrum a été administré pendant les 2 premières heures de vie, et pour 68% ad libitum. Un vaccin intra-nasal contre les maladies respiratoires a été effectué dans 7% des 88 entreprises de naissance qui ont rempli le questionnaire.

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Effects of management practices, animal transport an barn climate on animal health and antimicrobial use in Swiss veal calf operations

Schnyder P, L Schönecker, G Schüpbach-Regula, M Meylan
Prev. Vet. Med. 2019; 167: 146-157.

43 entreprises d’engraissement de veaux (11 grandes entreprises avec plus de 100 veaux mis à l’étable, et 32 petites entreprises avec plus de 20 veaux, mais moins de 100 veaux mis à l’étable par an) ont été visitées deux fois par mois pendant une année. Des mesures climatiques ont été effectuées (température, humidité, taux en ammoniaque et CO2). L’incidence pour une thérapie antimicrobienne a été calculée sur la base de l’utilisation par jour.

Le taux de mortalité s’élevait au total à 5.1% (6.2% dans les grands troupeaux et 3.1% dans les petits troupeaux). Dans 72% des entreprises, au moins un veau est mort pendant la durée du projet.
Il était surprenant de constater un taux de mortalité plus élevé lorsque le nombre de veaux engraissés par an était plus petit et lorsqu’un bon standard hygiénique avait été respecté. Ce résultat surprenant a été soutenu par le fait que le taux de mortalité de > 3% était dépassé plutôt dans les petits troupeaux. Une grande variation de la température était elle aussi liée à un taux de mortalité de >3%.
L’augmentation journalière de poids (ADG) était de 1.40 ±0.16 kg (1.0-1.92kg). L’achat de veaux était lié significativement à une augmentation du poids quotidienne plus défavorable.

Les principales indications pour un traitement antimicrobien étaient les maladies respiratoires avec 81.1%, suivis des diarrhées avec 8.2%, des otites (4.9%), des inflammations ombilicales (0.7%), et des arthrites (0.1%).
La majorités des thérapies étaient effectuées sous forme de thérapies de groupe (79%), 70% des médicaments étaient administrés oralement.
En moyenne, les veaux avaient été mis en étable pendant 116.4 ± 14.2 jours dans l’entreprise d’engraissement de veaux. Les veaux étaient soumis à la thérapie antibactérienne pendant 2.6 jours en moyenne.
Les facteurs de risque nécessitant un traitement antibactérien étaient l’absence de quarantaine lors de la mise à l’étable, l’accès à la sortie en plein air, un plus grand nombre de veaux par tétine, une aération mécanique, la vaccination contre les maladies respiratoires ainsi qu’un taux maximum d’ammoniaque de >10ppm dans l’étable des veaux. Le risque pour un traitement antibactérien augmentait par ailleurs en fonction du nombre d’entreprises de naissance dont provenaient les veaux mise à l’étable : plus ce nombre était élevé, plus le risque était grand. De même, le risque augmentait lorsque les veaux n’étaient pas amenés directement, mais étaient commercialisés par le marché des veaux.

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Pathogen-specific risk factors in acute outbreaks of respiratory disease in calves

Pardon B, J Callens, J Maris, L Allais, W Van Praet, P Deprez, S Ribbens
J. Dairy Sci. 2020; 103: Article in Press.

Les infections des voies respiratoires sont les principales causes de maladie lors de l’élevage de veaux. L’objectif de cette étude était d’identifier les facteurs de risque spécifiques à l’agent pathogène associés à l’épidémie de grippe bovine.
La majorité des épidémies de grippe se situaient entre octobre et mars, un seul virus (58.6%, 75/128 épidémies de grippe) ou plusieurs virus (13.3%, 17/128) ayant été diagnostiqués. Avec 38.3%, le coronavirus bovin était le virus le plus souvent diagnostiqué, suivi du BRSV (29.4%) et du virus Pi3 (8.1%). Quant aux bactéries, dans les troupeaux la pasteurella multocida a été diagnostiquée le plus souvent (89.1%), suivie de mannheimia haemolytica (41.2%), mykoplasma bovis (33.3%), et histophilus somni (36.4%).
Un facteur de risque spécifique pour le coronavirus bovin représentait la présence simultanée de mannheimia haemolytica (odds ratio OR = 2.8) ou un grand troupeau (OR = 1.3 par augmentation par 100 animaux) et la présence simultanée du coronavirus bovin dans les matières fécale des veau de l’an précédent (OR = 3.6).
Seul pour BRSV on a constaté un effet saisonnier, plusieurs épidémies s’étant produites en hiver plutôt que pendant les autres saisons (OR = 10.3). D’autres facteurs associés étaient l’apparition simultanée de PI3 (OR = 13.4), une forte prévalence de veaux souffrant de maladies pulmonaires (OR = 1.02 par 1% d’animaux malades supplémentaires).
M. Hämolytica a été constaté plutôt dans les troupeaux de 5 à 10 animaux par groupe (OR = 8.0), ainsi que dans les troupeaux dont la litière était constituée de sciure (OR = 18.3).
Pour H. somni également la mise en étable (OR = 5.2) et la litière constituée de sciure (OR = 2.9) se sont avérés des facteurs de risque.
L’achat d’animaux (OR = 2.9) ou la détention d’animaux récemment acquis dans le même espace aérien (OR = 5.0) pouvait être considéré comme facteur de risque pour M. bovis.
En connaissant les facteurs de risque de chaque agent pathogène, les auteurs espèrent pouvoir élaborer à l’avenir des mesures préventives, afin d’éviter une épidémie de grippe dans le troupeau.

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